COVID-19. Que sait-on de la Pandémie à ce jour ?

Dans le monde, il n’y a jamais eu autant de cas diagnostiqués (au 6 juillet 2020) selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

L’épidémie est très active sur le continent américain dans son ensemble, au Moyen-Orient, et en Asie centrale et du Sud ;

L’épidémie est en hausse dans les pays où circule habituellement la grippe à cette période de l’année : Afrique du Sud, Madagascar, Australie ;

la circulation du virus a beaucoup diminué dans les pays ayant contrôlé leur première vague, mais avant tout parce que les mesures de contrôle sur le virus ont été très fortes partout et sont toujours maintenues ; toutefois, certains pays européens (Allemagne, Italie, Espagne) voient des clusters amenant à des reconfinements partiels, montrant que le virus est bien présent.

Selon le point de situation de santé publique France du 09 juillet 2020, En France métropolitaine, la circulation du virus tend à progresser comme en témoignent l’augmentation de l’incidence des cas de COVID-19, l’augmentation du nombre de cas ainsi que le R effectif qui est significativement supérieur à 1. Cette tendance, si elle est concomitante d’une augmentation du nombre de tests RT-PCR réalisés, n’en indique pas moins une transmission qui permet au virus de se maintenir voire de progresser.

Le virus Covid-19 touche à ce jour 12.772.755 cas confirmés et a fait au total 566.036 morts dans le monde [2] . L’OMS alerte sur l’aggravation de l’épidémie dans le monde. Le nombre de nouveaux cas bat des records, essentiellement en Amérique où il explose. L’OMS appelle à « prendre le contrôle » face à l’épidémie. Certains pays ayant contenu la pandémie font face à de nouvelles vagues de contaminations inquiétantes

Situation dans le monde

Selon la publication « Sortiraparis » [2] :

En Italie, on note une légère augmentation du nombre de cas avec 234 nouveaux cas ces dernières 24h, notamment dans le Nord du pays. On compte 9 décès de plus en 24h (12 la veille) ce dimanche 12 juillet. Il est désormais de 34.954 au total depuis le début de l’épidémie. Le nombre total de cas recensés est de 243.061. L’Italie a rouvert ses frontières le 3 juin et a annulé la quarantaine obligatoire des étrangers de l’UE mais ferme ses portes aux ressortissants de 13 pays « à risque ».

En Inde, le bilan humain de l’épidémie de coronavirus s’alourdit. L’Inde recense, ce dimanche 12 juillet 2020, 849.522 cas confirmés (+55.720 en 24h) et 22.673 morts dont 550 en 24h. Le déconfinement a débuté alors que l’épidémie est toujours très active avec plus de 20.000 nouveaux cas en 24h. Les experts estiment que le pic de l’épidémie ne sera pas atteint avant plusieurs semaines en Inde, où le système de santé est déjà débordé par l’afflux de malades du virus.

Au Chili, l’épidémie s’accélère avec de nombreux cas de nouvelles contaminations journalières et un bilan qui ne cesse de grimper. Avec 2.755 nouveaux cas en 24h, le pays dénombre 312.029 cas recensés et 6.881 (+100) morts au total.

En Égypte, le nombre de cas de contaminations au coronavirus augmente. Le pays compte actuellement 81.158 cas (+923) au total et 3.769 décès dont 67 ces dernières 24h. L’Egypte a rouvert ses frontières le 1er juillet.

En Suède, les cas continuent d’augmenter, avec 565 nouveaux cas en 24h. C’est l’un des rares pays à ne pas avoir choisi l’option confinement, mais juste des recommandations. On compte, le samedi 11 juillet, 74.898 cas infectés et 5.526 décès (+26 en 24h). Alors qu’elle espérait freiner la propagation du coronavirus par la poursuite de sa stratégie d’immunité collective, la Suède a vu ses espoirs se faner quand une étude publiée jeudi dernier a revu à la baisse le pourcentage de Suédois (6,1% de la population) ayant développé des anticorps capables de neutraliser la COVID-19.

Vous pouvez suivre l’évolution de la pandémie à temps réel dans le monde en cliquant sur : https://coronavirus.jhu.edu/map.html

Vous pouvez aussi suivre le nombre des cas cumulées dans le temps de Covid-19 dans les régions du monde à travers cette carte animée de l’université Jhons Hopkins en cliquant sur le lien : https://coronavirus.jhu.edu/data/animated-world-map

L’OMS s’inquiète

Dans son allocution du 9 juillet 2020 faite lors de la réunion d’information aux États Membres sur la COVID-19, le Directeur Général de l’OMS a déclaré que dans la plupart des pays du monde, le virus n’est pas maîtrisé. La situation empire. Ainsi, plus de 11,8 millions de cas de COVID-19 ont été notifiés à l’OMS. Plus de 544 000 personnes ont perdu la vie. Et la pandémie continue d’accélérer. Le nombre total de cas a doublé au cours des six dernières semaines.

Situation en Afrique

Selon l’OMS, au 08 juillet 2020, les infections à COVID-19 en Afrique ont dépassé les 500 000, et il y a lieu de s’inquiéter car un nombre croissant de pays connaissent une forte augmentation de cas. En moins de cinq mois, le virus a fait 11 959 victimes, surpassant les 11 308 vies perdues lors de la pire épidémie d’Ebola au monde qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

Crédit Photo Dr Molamba – Image d’archive formation sur Ebola

Les cas ont plus que doublé dans 22 pays de la région au cours du dernier mois. Près des deux tiers des pays connaissent une transmission communautaire. L’Algérie, l’Égypte, le Ghana, le Nigéria et l’Afrique du Sud représentent environ 71 % des cas de COVID-19. L’Afrique du Sud représente à elle seule 43 % du nombre total de cas sur le continent. Cependant, la tendance à l’accélération de la hausse n’est pas uniforme sur le continent, certains pays enregistrant une augmentation constante du nombre de cas, ce qui indique une pandémie prolongée. L’Érythrée, la Gambie, le Mali, les Seychelles et le Togo connaissent un long doublement des cas et de faibles taux de croissance (voir carte interactive ci-dessous). Les Seychelles n’ont pas connu de cas depuis près de deux mois, mais la semaine dernière, des dizaines de nouveaux cas ont été importés, en lien avec des membres d’équipage d’un navire de pêche international. Bien que l’Égypte représente 15 % des cas cumulés, elle a connu une baisse au cours de la semaine dernière.

« Avec plus d’un tiers des pays d’Afrique qui ont doublé le nombre de cas au cours du mois dernier, la menace que les systèmes de santé fragiles du continent soient submergés par le COVID-19 s’intensifie », a déclaré Dr Matshidiso Moeti, directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique. « Jusqu’à présent, le continent a évité le désastre et si les pays continuent à renforcer les mesures clés de santé publique telles que les tests, la recherche des contacts et l’isolement des cas, nous pouvons ralentir la propagation du virus à un niveau gérable. »

Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, a déclaré qu’il se propageait au-delà des capitales et que le manque de tests et d’autres fournitures entravait les réponses. Mais elle a dit qu’il ne semblait pas que les autorités aient omis des cas graves et des décès. Jusqu’à présent, l’Afrique a été le continent le moins touché par Covid-19.

Selon Anne Mawathe, rédactrice de BBC Africa Health [3] Alors que le virus s’est propagé plus lentement en Afrique que dans d’autres parties du monde, sa propagation dans les zones rurales est préoccupante. Il y a deux raisons pour lesquelles les experts des politiques de santé s’inquiètent de la propagation de Covid-19 dans les zones rurales et informelles. Les systèmes de santé dans la plupart des régions du continent sont concentrés dans les centres urbains, tandis que la capacité de test dans de nombreux pays est encore faible. Les premières mesures prises par le continent pour tester les points d’entrée et le traçage continuent de jouer en sa faveur. Couplé à sa population jeune, le continent a jusqu’à présent réussi à éviter la propagation rapide observée aux États-Unis et dans certains pays européens. Mais la pandémie se propage maintenant rapidement en Afrique. Il a fallu 98 jours pour atteindre les 100 000 premiers cas. En revanche, il n’a fallu que 18 jours pour doubler, passant de 100 000 à 200 000.

Un ralentissement de la circulation du virus en période estivale (hémisphère nord) est attendu car il y a moins de transmission du virus entre personnes en milieu extérieur et le virus pourrait être sensible à la température (il n’y a pas encore de certitude scientifique à ce sujet)

Sources

[1] Institut Pasteur : https://www.pasteur.fr/fr/journal-recherche/actualites/covid-19-point-situation-epidemique-pourquoi-rester-prudents?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Newsletter_de_lInstitut_Pasteur__n32&utm_medium=email

[2] https://www.sortiraparis.com/actualites/a-paris/articles

[3] https://www.bbc.com/news/world-africa-53004631

Publié par docamani

Médecin Santé Publique Internationale - Expert en Tuberculose et VIH - Renforcement des Systèmes de Santé

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